Nous sommes des enfants de 6 à 14 ans habitant partout en France. Nous avons participé ou nous aurions voulu participer aux marches pour le vivant, le climat, la paix et la justice sociale le 26 septembre dernier. Nous écrivons un appel pour la mobilisation du week-end du 14 novembre prochain partout en France et dans le monde “pour notre présent et pour notre avenir”. Ce texte a été rédigé à partir d’interviews réalisées depuis le 26 septembre.
Cet été, il a fait trop chaud, surtout à l'école. En classe, c'était horrible : on n'en pouvait plus, on n'arrivait plus à travailler, on ne pouvait plus écrire. Il y avait des ventilateurs dans la classe, mais on ne les sentait pas vraiment. Alors on n'a pas pu rester à l'école. Chez nous, il faisait tellement chaud qu'on a parfois dû dormir par terre dans le salon.
À la campagne, la nature était toute cramée, l'herbe ressemblait à du foin ou de la paille. Cet été, plein de personnes et plein de forêts sont mortes. Les animaux ne pouvaient plus trouver d'eau dans les forêts. La mer était trop chaude. Des espèces sous-marines meurent de plus en plus, et sur la plage il y a des algues vertes qui sentent mauvais.
Alors cet été on a eu peur. Peur des incendies : on ne se sentait pas en sécurité. Peur qu'il n'y ait plus d'eau, et que ce soit pire les années prochaines. Peur de ne pas pouvoir manger à notre faim. Peur que notre maison prenne feu. Peur pour les animaux et pour nous. Ça nous donnait mal au cœur pour les plantes, les animaux et tout ce qui nous entoure. La planète est en danger.
Le 26 septembre, les enfants ont été inclus, mais pas assez. C'est important que les gens de notre âge donnent leur avis. On a envie qu'on nous écoute, parce qu’on peut s’exprimer, et qu’on habite la Terre nous aussi.
Si on continue comme ça, on n’aura plus qu’une planète invivable.
Il faut vraiment qu’on arrête ces bêtises ! Il faut qu’on trouve un autre modèle, parce que là c'est déjà insupportable, et nous, on veut vivre une vie à peu près normale.
Pourquoi les adultes ne réagissent pas ? On a déjà fait une manifestation le 26 septembre pour envoyer un message au Président et lui demander de se bouger les fesses. Il faut refaire des manifestations parce qu’il faut qu'on nous entende, on ne veut pas vivre dans un monde avec un réchauffement climatique qui fasse autant de victimes. C'est non seulement pour les générations à venir, y compris la nôtre, mais aussi pour l'humanité elle-même.
« Le manque d'action a fait mourir plein de personnes cet été. C'est le cas de mon grand-père », dit Mathys, 11 ans. « Le dérèglement climatique détruit les habitats et menace notre survie », dit Paola, 13 ans, qui milite depuis quatre ans pour les animaux et le climat, « car l'un ne va pas sans l'autre ».
Les grands devraient réfléchir aux conséquences avant de construire ou d'inventer de nouvelles choses qui vont polluer encore plus la planète. “On vous en veut parce que vous avez inventé des machines qui polluent plutôt que des machines pour sauver le monde”. Nos reproches vont surtout en direction des gros pollueurs et des capitalistes.
Si le Président n'écoute pas les adultes, on réussira peut-être à le convaincre, nous les enfants ? Le 14 novembre, on doit se retrouver pour faire pression sur les personnes qui ont les moyens d'agir. Le 14 novembre, c'est une manifestation adaptée aux enfants et aux adultes. On aimerait que les parents, les grands-parents et toutes les familles viennent avec nous, pour qu'on se batte pour notre génération, pour les générations à venir, et pour la vôtre aussi.
On veut continuer à vivre sur cette planète, heureux et en paix !
Venez, mobilisez-vous et exprimez votre colère dans toute la France.
Nous, les enfants, on veut vivre dans un monde où :
- Il n’y a pas de morts à cause de la pollution ou du réchauffement climatique ni des canicules à répétition en été et où on peut encore aller se promener en forêt et voir des animaux.
- Un monde dans lequel les animaux, les humains et les arbres sont protégés et vivent en harmonie.
- Les températures en été ne sont pas caniculaires, où l’hiver n’est pas plein de tempêtes (sauf la neige, c’est cool !).
- Les forêts sont durables et où l'oxygène ne devient pas rare, où tous les êtres vivants, les humains, les plantes, les animaux, vivent en harmonie.
- L’eau n’est pas un problème et où on ne retrouve pas les pierres d’avertissement (pierres de la faim “Hungersteine”) lors des sécheresses.
- Vivre dans un monde normal donc sans avoir peur d’une guerre (pour nous et pour tous les autres enfants, et parents).
- On laisse pousser la végétation sans rien couper, où on enlève tout le béton sauf quelques trottoirs et des routes.
- Les animaux se sentent mieux chez eux, et peuvent vivre heureux.
- Il n'y a plus de gens qui allument des feux dans la forêt, ni de gens qui mettent des plastiques dans les océans que les poissons mangent.
- Les grandes personnes arrêtent de jeter leurs déchets par terre ou dans la mer, de faire des barbecues et du tourisme en forêt quand il fait très chaud.
- On agit pour que le réchauffement climatique s’arrête : “On veut voir la neige et qu’il fasse froid en hiver”.
- On arrête les pesticides et où on protège les forêts.
- Il n’existe pas de famines ni de discriminations.
- On peut exister en tant que personne avec les mêmes droits et les mêmes responsabilités.
- Vivre dans un monde avec nos ami·es, heureux, avec nos parents, sans me demander tous les jours si la planète va être encore vivable demain.
- Il n’y a pas de précarité alimentaire et où tout le monde peut manger bio.
- On ne parle pas d’argent toutes les minutes et où chacun·e peut vivre bien, et ensemble.
- Tout ne se décide pas par un président ou un chef mais où on prend les décisions ensemble sans laisser personne à l’abandon ni imposer une religion ou une pensée.
- Nous ferions une répartition équitable des sous.
- Nous supprimerions les voitures qui polluent trop et tout ce qui pollue trop pour que notre atmosphère redevienne comme avant.
- Nous mettrions au pouvoir des gens qui veulent polluer moins et partager l'argent avec les pauvres.
- Les “grands” réfléchissent aux conséquences avant de construire ou d’inventer de nouvelles choses qui vont polluer encore plus la planète.
- Qu’on fasse quelque chose pour les classes des écoles (à part la clim et les ventilateurs) face aux chaleurs.
- On ferait une loi pour moins prendre l’avion.
- On fabriquerait plus d’habits en France et où le bio serait moins cher !
- Il y a plus de vélos sur terre, et où on incite les gens à prendre les transports en commun.
- On donne des super camions et avions aux pompiers pour lutter contre les incendies.
- Le gouvernement dépense de l’argent pour planter des arbres et faire des travaux dans les écoles et les hôpitaux ; pas pour faire la guerre.
- On donne plus de moyens aux associations qui protègent la planète.
- Et on donne plus de moyens à ceux qui sont pauvres.
- On réduit l’usage des emballages plastiques et où on utilise le vrac.
- On donne plein de moyens pour les transports qui ne polluent pas.