L'appel du 14 novembre · Texte intégral

Le 14 novembre, manifestons
pour le présent et l'avenir des enfants

✊ Tribune commune du Collectif Enfantiste et du Mouvement du 26 septembre
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Pour le présent
et l'avenir des enfants

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En 2022, pendant la campagne présidentielle, les violences faites aux enfants étaient presque absentes du débat public, alors même que la France prenait conscience de l’ampleur de l’inceste et de la pédocriminalité. À l’approche de 2027, nous refusons que l’enfance soit encore oubliée.

Nous refusons les promesses en l’air, qu’un enfant appelle à l’aide sans être protégé, dorme dans la rue, subisse des violences dans sa famille, à l’école ou dans une institution, soit tué par ceux qui auraient dû assurer sa sécurité, parle sans être cru ou souffre sans être soigné.

Parce qu’aucune enfance ne devrait ressembler à cela.

Les jeunes personnes1 ne peuvent pas grandir sereinement dans des écoles devenues des lieux de danger avec des classes à plus de 30°C lors des vagues de chaleur où des enfants ont été victimes de maux de tête et nausées. Pour protéger les élèves, plusieurs centaines de responsables d’établissements scolaires ont même pris la décision en pleine canicule de fermer les portes de leurs écoles et collèges fin juin. Au même moment, le gouvernement promettait près de 60 millions d’euros pour protéger les écoles de la chaleur puis en catimini a décidé de diviser l’enveloppe par 3. Les élèves, eux, continueront de suffoquer en classe.

Les enfants nés aujourd’hui n’auront que 24 ans en 2050. Survivre dans un monde sans adaptation, atténuation et prise en compte des situations exceptionnelles est une violence faite à toutes les générations futures. Pour les enfants et le vivant nous défendons un autre avenir.

Une même domination

Ces violences relèvent d'un même système : l'adultisme. L’adultisme est un système de domination par lequel les adultes exercent un pouvoir sur les plus jeunes. On décide à leur place. On ignore leur parole. On leur demande de se taire. On les prive de pouvoir sur leurs vies. On les humilie. On les maltraite. On les abandonne. On les tue. On les sacrifie quand ça arrange.

Les enfants exposés à d’autres oppressions systémiques subissent encore plus les effets de cette domination adulte. Les jeunes non-blancs, les jeunes filles, les jeunes LGBTQIA+, les jeunes en situation de précarité, les jeunes personnes handicapées sont surexposées aux violences adultistes.

Le dérèglement climatique, le capitalisme écocidaire, les pollutions, notamment par les pesticides, la crise de la biodiversité, la montée du fascisme et les génocides affectent d'abord les enfants et les ados. Les décisions qui les provoquent sont prises par quelques-un·es, souvent pour servir des intérêts privés et court-termistes, et pas ceux des plus jeunes.

Des corps contaminés avant la naissance

On ne protège pas les enfants avec des normes qui ne sont pensées que pour les adultes. Leur corps se construit. C’est pendant la grossesse et la petite enfance qu’il est le plus vulnérable aux perturbateurs endocriniens, ces substances qui dérèglent le système hormonal. On les retrouve dans des pesticides, des plastifiants, dans les PFAS, ces « polluants éternels » qui contaminent l’eau, les sols et nos organismes, et dans de nombreux produits du quotidien. Des enfants naissent exposé·es, sans l’avoir choisi et les réglementations sous-estiment les effets des faibles doses et des mélanges. Pire, avec le projet européen Omnibus X, poussé par l’extrême droite et la droite, les pesticides pourraient rester autorisés jusqu’à 25 ans sans réévaluation. Le gouvernement français y défend la suppression de l’accès aux registres d’utilisation des pesticides. Pendant que les lobbies industriels défendent leurs profits, les jeunes paient. Protéger l’enfance, c’est juguler cette exposition, à commencer par le rejet de l’Omnibus X et l’interdiction des substances chimiques dangereuses pour ces populations vulnérables.

La jeunesse en résistance

Les jeunes personnes sont privées du droit de vote. Cependant elles ont le droit de s'exprimer et elles s'en servent. L'appel de la jeunesse du mouvement du 26 septembre revendique le droit des générations futures et le droit de vivre maintenant.

En cette rentrée, des lycéen·nes déterminé·es ont décidé de bloquer leurs établissements. Lancé fin août à Mayotte et en Guyane, le mouvement a gagné l’Hexagone et a touché près d’un millier de lycées, et des dizaines d'universités. Les élèves réclament des professeur·es remplaçant·es, des classes moins chargées que les 34 ou 35 élèves d'aujourd'hui, des infirmières, des AESH, des bâtiments rénovés et la fin de Parcoursup. Le gouvernement a choisi la répression : des milliers d’interpellations et de nombreuses jeunes personnes gravement blessées dont plusieurs éborgné⋅es et mutilé⋅es. À des jeunes qui revendiquent leurs droits, il répond par les violences d'État.

Leurs revendications sont les nôtres : des écoles adaptées à la chaleur, un avenir vivable, le droit d'être écouté·es. Nous appelons à une alliance avec la jeunesse et les militant⋅es enfantistes : marcher à ses côtés, la soutenir face à la répression, lui laisser la parole dans nos cortèges et nos assemblées, leur laisser la place qui leur revient dans nos collectifs et nos associations, défendre les droits de tous les enfants et leur empouvoirement. Le gouvernement doit recevoir les organisations lycéennes et étudiantes et cesser immédiatement la répression.

Nous souhaitons une société à hauteur d'enfant, qui leur donne du pouvoir et favorise leur autodétermination et la fin de toutes les formes de violences qui sont faites aux enfants. Une société qui remplace la domination par la coopération. Leurs droits, leur dignité et leur intégrité doivent être respectés sans condition.

Aux candidates et candidats à l'élection présidentielle de 2027, nous demandons des engagements clairs, publics et contraignants.

Pour l'enfance et la jeunesse :

Pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale, le plan de reconstruction en quatre volets de l'appel du 26 septembre :

Les enfants et les ados resteront privés de vote en 2027. Nous voterons et nous jugerons les candidates et candidats sur leurs engagements et sur leur capacité à défendre la rupture écologique et enfantiste qui s’impose.

Tous et toutes dans la rue

Le samedi 14 novembre, samedi qui précède la Journée internationale des droits de l’enfant, manifestons ensemble partout en France et en Europe contre les violences faites aux enfants et aux ados et pour défendre leurs droits.

Le même jour, le Climate Action Network Europe, qui rassemble 200 organisations dans 40 pays, appelle à une journée d'action pour le climat et la justice sociale dans toute l'Europe.

Le 14 novembre, marchons aussi pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale.

Pour les enfants et les ados d'aujourd'hui, d'hier et de demain

Pas de présidence sans droits pour l'enfance, pas d’élections sans bifurcation écologique et enfantiste.

Collectif Enfantiste · Mouvement du 26 septembre

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Lexique
Enfantisme
désigne le mouvement social et politique de lutte contre l'adultisme et pour la défense de l'égalité de dignité entre adultes et jeunes personnes (bébés, enfants, adolescent⋅es). Les enfantistes se mobilisent pour défendre une société sans discrimination d'âge ni violences adultistes. Si ce combat est ancien, le mot "enfantisme" est encore nouveau et largement inconnu.
1 Jeunes personnes
Le mouvement enfantiste parle de jeunes personnes pour désigner les jeunes êtres humains des derniers mois in-utero à 18 ans, et souvent au-delà de 18 ans, car les mots « enfant » et « mineur·e » infériorisent les personnes qu’ils désignent. Enfant du latin « infans » signifiant « qui ne parle pas » ou encore « sans voix » et Mineur·e signifie littéralement « qui a une moindre importance, secondaire, dérisoire, minime ».

Le 14 novembre, partout en France

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L'appel du mouvement au président de la République

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