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Regards et Basta!

Fin du monde, fin du mois : le 17 octobre nous serons là !

Des gilets jaunes rassemblés à Saint-Nazaire en février 2019, sourires et téléphones levés.

Auprès des gilets jaunes à Saint-Nazaire, en février 2019. Photo : Nolwenn Weiler / Basta!

Voici un appel issu de la coordination nationale du mouvement du 26 septembre. Il appelle à soutenir la mobilisation des gilets jaunes du 17 octobre et à la rejoindre. Cette tribune est parue le 24 septembre 2026 dans Regards et dans Basta!.

Il y a huit ans, un cri commun s’élevait sur les ronds-points comme dans les marches climat : « Fin du monde, fin du mois, même combat ! » Ce cri est plus que jamais d’actualité.

Nous sommes membres du mouvement du 26 septembre, pour le vivant, le climat, la paix et la justice sociale. C’est avec ces combats que nous appelons à soutenir la mobilisation des gilets jaunes du 17 octobre et à la rejoindre.

Le dérèglement climatique a les mêmes responsables que l’injustice sociale. L’industrie pétrolière accumule des superprofits aux dépens de la planète et des humains qui l’habitent : en 2025, TotalEnergies a encore dégagé 13 milliards de dollars de bénéfice net. Pendant ce temps, le litre d’essence a dépassé 2,15€ en septembre, un record. Dans le monde, les douze milliardaires les plus riches possèdent désormais davantage que les quatre milliards de personnes les plus pauvres. Les 1% les plus riches émettent à eux seuls plus de gaz à effet de serre que les deux tiers les plus pauvres de l’humanité. Ceux qui ont le moins pollué sont les premiers frappés.

Les crises sociales et climatiques sont les tristes conséquences d’un système qui par cupidité et confort a transformé la nature en déchets. L’hyper prélèvement des ressources a entraîné une crise écologique et l’enrichissement des géants de l’industrie, pétrolière en l’occurrence, creusant un irrémédiable fossé entre riches et pauvres.

L’inadmissible cécité de nos dirigeants successifs face à la crise écosystémique et leur mortifère volonté de favoriser les enjeux économiques fait la part belle aux dirigeants des multinationales et conduisent aujourd’hui à une situation de menace existentielle directe.

Les guerres naissent de la même source. Les grandes puissances et les multinationales veulent sécuriser leurs approvisionnements en matières premières, et d’abord en énergies fossiles. C’est ce qui provoque les grands bouleversements du monde. Or ce sont précisément ces énergies qui, en brûlant, réchauffent la planète.

Les personnes frappées par les sécheresses, les canicules, les incendies et les empoisonnements sont le plus souvent celles qui subissent déjà la précarité alimentaire, la vie chère et le mal-logement. Leurs mobilisations portent une aspiration commune : nous voulons vivre dignement dans un monde vivable.

Nous avons un adversaire commun. Une nouvelle fois, il est plus utile pour eux de nous diviser, à travers Emmanuel Macron et leurs instruments médiatiques. D’un côté, il y aurait un mouvement climat étranger à la justice sociale et fiscale. De l’autre, il y aurait des gilets jaunes indifférents au vivant et au climat. Il n’en est rien. Ces combats sont indissociables. Partout dans les groupes du 26 septembre, de nombreux gilets jaunes nous ont déjà rejoints. Le 17 octobre et après, nous serons à leurs côtés.

Nous n’oublions pas que le 17 octobre sera aussi le jour d’une triste commémoration. Le 17 octobre 1961, à Paris, la police placée sous l’autorité du préfet Maurice Papon a réprimé dans le sang une manifestation pacifique d’Algériennes et d’Algériens contre le couvre-feu qui leur était imposé. Ce jour-là et les jours qui ont suivi, des centaines de personnes ont été tuées. C’est ce même Papon, collaborationniste notoire qui a envoyé à la mort des milliers d’enfants juifs français et leurs familles.

Nous appelons également à converger le 3 octobre devant l’usine Syngenta de Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure, puis les 10 et 11 octobre contre l’Omnibus pesticides.

Le 26 septembre n’est qu’un début. Notre mouvement veut s’inscrire dans la durée. Les 31 octobre et 1er novembre se tiendra la première Rencontre nationale des délégués du mouvement. Chacune de nos plus de 250 mobilisations locales est invitée à y envoyer des personnes mandatées. Nous y inviterons bien entendu toute la société civile mobilisée en cette rentrée.

La prochaine mobilisation nationale du mouvement du 26 septembre aura lieu le week-end des 14 et 15 novembre. Elle s’inscrit dans la mobilisation internationale pour le climat, en soutien au Sommet des peuples organisé pendant la COP31 en Turquie. Ce week-end sera aussi l’occasion de nous allier aux mobilisations enfantistes partout où nous le pourrons, et de les soutenir, avec pour mot d’ordre : « Ensemble, pour le présent et l’avenir de nos enfants ».

Nous voulons un grand plan de reconstruction en quatre volets. Un plan d’urgence, parce que l’été prochain sera très probablement encore plus chaud que celui-ci. Un plan d’adaptation pour que tous les territoires de notre pays, tous les secteurs de la société aient les moyens de faire face aux changements majeurs causés par le réchauffement global. Un plan d’atténuation, pour en finir avec les énergies fossiles et les guerres qu’elles financent. Et les moyens de le financer : nous exigeons que celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe paient, par une taxe sur les superprofits du fossile et de l’armement, et par un impôt climatique sur les plus grands patrimoines.

Le 17 octobre, ce ne sera pas une marche de plus : ce sera la preuve que ces colères, longtemps tenues séparées, ne le sont plus.

Fin du monde, fin du mois : mêmes responsables, mêmes victimes, même combat.

Julien Lucy
Nadège Cosme
Jonathan Broussaudier
Guillemette Tostivint
Kim Vo Dinh
Katarina Houpert
Mathis François Ball
Stéphane Jeck
Julien Kien
Benjamin Ball


Membres de la coordination nationale du mouvement du 26 septembre

Tribune de la coordination nationale du mouvement du 26 septembre, publiée le 24 septembre 2026 par Regards et par Basta!.

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